La promenade du Minou (étape 3) : Le fort du Minou

Photo : Vue sur le fort du Minou, avant la 2e guerre mondiale. L’aileron Est (sur la gauche) a disparu suite aux bombardements alliés. Source : collection de René Le Verge.

Ce poste avancé avait pour mission de défendre le port de Brest. Avant Vauban, en 1695, des canons armaient déjà ce promontoire. Depuis cette période, le fort a subi de nombreuses évolutions architecturales pour suivre les progrès de l’armement. Tout au long de l’histoire, les batteries d’artillerie diverses dissuadèrent les vaisseaux en bois, à voiles, tout comme les cuirassés, de s’engager dans le goulet.

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This outpost was tasked with defending the port of Brest. Before Vauban, in 1695, cannons were already arming this promontory. Since then, the fort has undergone numerous architectural changes to keep pace with advances in weaponry. Throughout history, the various artillery batteries have deterred wooden sailing ships, as well as battleships, from entering the strait.

Ar post-se, lakaet war-raok, a oa e gefridi difenn porzh Brest. A-raok Vauban, e 1695, e veze kanolioù oc’h armañ ar beg-douar-se dija. Abaoe ar mare-se ez eus bet cheñchamantoù bras er savouriezh evit heuliañ araokadennoù an armoù. A-hed an istor, gant ar batirioù kanolioù a bep seurt, e voe diaesoc’h evit al listri koad, listri-dre-lien, evel ar re hobregonet, mont e-barzh ar mulgul.

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La présence de ce fort est liée à la création du port militaire de Brest. Pour assurer la protection des navires, il suffit de tenir le goulet, qui est la porte de la rade de Brest.

Vers 1695, Vauban renforce le fortin de terre. Il y bâtit une redoute pour 11 embrasures de canons et deux places de mortiers . Un pont-levis ferme cet ouvrage. A l’intérieur, des logements pour la troupe et les officiers, un magasin à poudre et un corps de garde complètent le dispositif.

Plan : Plan des batterie et redoute du Minou (par Mollart, le 23 janvier 1696, suivant les ordres de Vauban), sources : Service Historique de l’Armée de Terre, Vincennes et l’Inventaire de Bretagne.

Vers 1841, l’évolution de l’armement entraîne de fortes modifications de ce qui devient un fort. Le fossé est creusé, les remparts gagnent en hauteur et en largeur. Une porte monumentale à pont-levis trône à l’entrée. Des ailerons de fusillade sont ajoutés aux extrémités du rempart (à l’Est et à l’Ouest) pour empêcher l’assaillant de s’emparer du site par la terre. Le calibre des canons augmente.

Photo : Le fort vu de la plage du Minou, avant la 2e guerre mondiale. On aperçoit notamment sur la gauche l’aileron Ouest détruit pendant les bombardements alliés. Source : collection de René Le Verge.

Vers 1887, deux canons de 50 tonnes sont glissés dans la batterie de rupture qui a été creusée, sous le fossé, au niveau de la grève, à l’Est. Les cuirassés représentent alors la nouvelle menace. Des obus de 400 kg devront transpercer l’épaisse coque de ces navires de guerre. Jusqu’à ce moment l’adversaire était principalement l’Angleterre.

En 1917, les défenses du goulet sont désarmées afin d’être transportées sur le front de l’Est. Les canons de la batterie de rupture sont transférés par bateau, puis montés sur chemin de fer.

Photo : Démantèlement de la batterie de rupture. Source : Forum Pages 14-18

En 1944, le centre de commandement allemand de l’artillerie côtière (MAA262) est basé au fort du Minou. Fin août, il est attaqué par l’armée américaine, qui vise le port en eau profonde de Brest. Lors de ces combats, l’aileron Est s’écroulera sur la plage et l’aileron Ouest sera aussi fortement endommagé.

En 1961, lors de la guerre froide, le blockhaus allemand à l’intérieur du fort sera agrandi et l’armée française y installera un laboratoire photo pour développer et exploiter les photos prises depuis la tour radar.

Promenade du Minou