La promenade du Minou (étape 2) : Traez, les amendements marins du Minou

Photo : Les sabliers attendent de charger le sable sur la plage du Minou (1931), source : collection Nadine Curel 

Le banc du Minou, constitué de coquillages et de débris de récifs coralliens, offre un sable calcaire précieux pour l’agriculture, connu sous le nom de “traez” en breton. Utilisé comme amendement naturel par les laboureurs, le traez enrichissait les terres cultivées et complétait les fumures issues des algues récoltées.

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The Minou sandbank, composed of shells and coral reef debris, provides valuable calcareous sand for agriculture, known as “traez” in Breton. Used as a natural amendment by farmers, traez enriched cultivated land and supplemented the fertilizers from harvested seaweed.

Bank ar Minou, graet gant kregin ha tammoù karregadoù koural, ez eus ennañ traezh razek prizius evit al labour-douar, anavezet dindan an anv “traezh” e brezhoneg. Implijet e veze an traezh evel un temz naturel gant al labourerien. Pinvidikaat a rae an douaroù gounezet ha klokaat a rae an teil tennet eus ar bezhin dastumet.

Pour en savoir plus sur l’extraction du traez au Minou

Comme un cadeau offert par la mer entre les bras ouverts des pointes du Grand et du Petit-Minou. Les dunes sous-marines évoluent au gré des tempêtes et des marées, des sédiments marins s’accumulent ici depuis des milliers d’années.

Traez ou tréaz en breton, le sable du banc du Minou est composé de coquillages et de débris provenant d’anciens récifs coralliens. La mer d’Iroise nous offre, sur cette plage, un gisement riche en calcaire.

Les laboureurs, sans en connaître la composition chimique, prirent très tôt conscience de l’amélioration qu’ils pouvaient obtenir sur les cultures grâce aux sables coquilliers.

Ajouté aux fumures déjà fournies par la récolte saisonnière des algues, le traez constituait alors un précieux amendement naturel pour les terres acides.

Les bancs du Minou offraient une ressource inépuisable et gratuite. Aux grandes marées, les paysans des fermes proches du littoral et des communes environnantes chargeaient ici, au prix de grands efforts, des tombereaux de sable ruisselant.

Photo : L’agriculteur Etienne Coatanea extrayant le sable grâce à des chevaux, source : collection Alain Rioual

Les affaires maritimes, réglementèrent ces prélèvements. Le chemin vicinal menant au Minou s’en souvient, labouré par les attelages hennissant remontant le sable jusqu’à la Plas an Traez (la place du sable). Une cale d’accès à la plage fut construite en 1887.

La qualité des sables du Minou intéressa d’autres exploitations agricoles plus éloignées. Du fond de la rade de Brest, des flottilles de sloop de Landerneau, du Faou, de Logonna Daoulas et de Port Launay venaient s’échouer sur la plage pour charger leur cale de ce précieux amendement.

Au risque de fortunes de mer, de chavirements, de noyades, les bagou Minou profitaient des vents portants et du flot pour aller décharger leur cargaison en amont sur les quais de l’Aulne et de l’Elorn. Les tracteurs, les gabares motorisées remplacèrent bientôt les chevaux et les voiliers. La concession minière (33 000 tonnes/an) fut autorisée pour les navires sabliers jusqu’en 2011.

Photo : Le sablier Penfoul en 2010

Ces dunes sous marines reconstituées protègent aujourd’hui le littoral de l’érosion et offrent aux surfeurs et bodyboarders un spot très fréquenté.

Promenade du Minou